SILENCE

 John Cage 4’33

http://fr.wikipedia.org/wiki/4%E2%80%B233%E2%80%B3

La mélancolie de Dürer

Les silences qui occupent les dialogues des pièces de Philippe Quesne pourraient dessiner l’image d’une société qui à force d’en multiplier les moyens ruine la communication. Pourtant, outils d’une théâtralité qui ne fait qu’esquisser profils psychologiques, situations, ou relations humaines pour maintenir une forme d’irréalité, ces silences favorisent le sentiment d’improvisation de la parole. Privilégiant ici encore l’effet de réel à la tradition théâtrale de l’intelligibilité, Philippe Quesne varie sans cesse le rapport auditif du spectateur à la scène. Parfois incompréhensibles parce que leurs paroles s’enchevêtrent, parfois coupés du spectateur par une distance imaginaire qui assourdit leurs propos ou étouffés par la carcan d’un casque de cosmaunaute, la voix des comédiens de L’effet de Serge et de la Mélancolie des dragons change sans cesse de portée et de nature.

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